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Entreprendre : créer sa société ou opter pour le portage salarial ?

L’une des premières questions inévitables avant de lancer son activité est celle du statut juridique à adopter. Plusieurs options s’offrent au futur entrepreneur. La plus connue et peut-être la plus évidente est la création d’une société dédiée. Il existe pourtant d’autres cadres dans lesquels peut s’inscrire une activité indépendante parmi lesquels le portage salarial, de plus en plus utilisé.

Le portage salarial est un mécanisme défini par le Code du travail qui permet à un professionnel indépendant de bénéficier du statut de salarié à travers la conclusion d’un contrat de travail avec une société de portage salarial. Celle-ci va assurer les tâches administratives pour le travailleur indépendant et transformer son chiffre d’affaires en salaire.

Que choisir entre création de société et portage salarial ?

Quels sont donc les éléments à prendre en compte avant de s’orienter vers la création d’une société ou le portage salarial ?

1. Le type d’activité

Le portage salarial est ouvert à de très nombreuses activités et particulièrement adapté aux métiers de consultant ou de formateur. Dans certaines hypothèses toutefois, le recours au portage salarial n’est pas possible. Cela est notamment le cas pour les services à la personne ou les activités nécessitant la conclusion d’un bail commercial et généralement toutes les activités de négoce. Il sera alors nécessaire de s’orienter vers la création d’une société.

2. Le statut du professionnel indépendant

En recourant au portage salarial, l’indépendant accède au statut de salarié. On parle alors de « salarié porté ».  Le salarié porté est, à de nombreux égards, dans la même situation qu’un salarié classique. Il bénéficie d’une protection sociale complète attachée à ce statut : assurance maladie, retraite, droits aux chômages. Il reste néanmoins complètement indépendant dans la recherche et l’exécution de ses missions.

L’indépendant qui crée sa société est dans une situation différente. Pour sa protection sociale, il relève généralement du régime social des indépendants (intégré depuis début 2020 au régime général). Cette protection sociale tend à être de plus en plus complète mais n’est pas équivalente à celle des salariés. Pour le chômage, par exemple, l’accès à une indemnisation de 800 euros par mois pendant 6 mois est prévu depuis le 1er novembre 2019.

3. La gestion administrative

L’entrepreneur qui crée son entreprise doit gérer un ensemble de sujets administratifs à commencer par le choix du type de société et les formalités de création. Certaines formes de société permettent une gestion simplifiée (micro entreprise pour certaines activités) mais cela suppose tout de même d’accorder du temps et de suivre cette gestion : déclaration et paiement des cotisations, contractualisation avec les clients, assurances, facturation et recouvrement…

La société de portage salarial s’occupe de toute la gestion de l’activité du salarié porté. Celui-ci n’a pas besoin de créer une structure. Les cotisations et déclarations sont réalisées par la société de portage salarial. Celle-ci s’occupe également de contracter une police d’assurance qui couvre le salarié porté et de conclure les contrats avec les clients de ce dernier. Elle les facture et recouvre les paiements. Le coût des services assurés par la société de portage salarial est compensé par le gain de temps qui permet au professionnel de se consacrer à d’autres activités.

4. L’accompagnement

Les créateurs d’entreprise sont parfois seuls pour réaliser leur projet. Il existe néanmoins des organismes dont le rôle est d’accompagner les entrepreneurs qui souhaitent créer leur société.

Dans le cadre du portage salarial, l’entrepreneur bénéficie d’un accompagnement personnalisé par une équipe de professionnels qui peuvent le guider dans la recherche de clients ou la définition d’un parcours de formation par exemple. Le portage salarial est, pour cette raison, particulièrement plébiscité dans le cadre d’un projet de reconversion professionnelle.

5. Le chiffre d’affaires

Le salaire minimum en portage salarial est fixé à 75% du plafond mensuel de la sécurité sociale, soit 2 413 euros. Cela suppose que le salarié porté réalise un minimum de chiffre d’affaires permettant à la société de portage salarial de lui verser ce salaire. Le salarié porté peut bénéficier d’une avance partielle (parfois totale selon la société de portage salarial) sans attendre le paiement des factures par ses clients. Il a, par ailleurs, la possibilité d’optimiser ses revenus avec le remboursement des frais professionnels.

Un chiffre d’affaires maximum est fixé pour certaines formes d’entreprise notamment la micro-entreprise permettant une gestion simplifiée. Ce plafond est fixé à 72 500 euros par an pour les auto-entrepreneurs exerçant une activité libérale. Au-delà, il faudra adopter un nouveau statut en créant une société, soit en adoptant le portage salarial.

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