Selon une étude menée par Kantar TNS vers la fin de l’année 2017, le prix est le principal frein qui empêche les Français de suivre une formation professionnelle. Pourtant, il s’agit d’une excellente option permettant de trouver plus facilement du travail, de mettre à niveau les compétences, d’approfondir une matière précise, de progresser dans sa carrière, de réussir une réorientation professionnelle, etc. Les frais de la formation (incluant les frais d’inscription, les dépenses imputables à l’hébergement et aux repas) peuvent être relativement élevés. Mais ce que beaucoup de gens ignorent est qu’il est possible de financer leur formation. Il existe effectivement des dispositifs qui prennent en charge la totalité ou une grande partie des frais.

Financer sa formation en tant que demandeur d’emploi

Depuis la mise en place de la réforme professionnelle le 1er janvier 2019, la Loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel du 5 septembre 2018 a apporté quelques modifications concernant les dispositifs et les modalités de financement. Et le financement des formations des personnes au chômage est bel et bien concerné. Entre le CPF, l’AIF, l’AFPR, et le POEI, les demandeurs d’emploi ont maintenant une grande opportunité de se former gratuitement ou presque afin de trouver un travail le plus vite possible.

Le CPF ou Compte Personnel de Formation

Il s’agit d’un dispositif de financement public de formation continue. Il vient remplacer le DIF ou Droit Individuel à la Formation en 2015. Le CPF s’adresse autant aux salariés qu’aux demandeurs d’emploi et leur permet de suivre une action de formation à leur propre initiative. Le principe est de cumuler des euros tout au long de votre carrière professionnelle. Le dispositif ne concerne donc pas les personnes qui n’ont jamais travaillé. Si nécessaire, un conseiller de Pôle Emploi ou votre conseiller en évolution professionnelle (CEP) vous aidera à monter votre dossier de formation. Si vous n’avez pas assez de crédit pour la formation, votre conseiller vous suggérera d’autres aides complémentaires.

L’AIF ou Aide Individuelle à la Formation

Ce dispositif financier de Pôle Emploi vise à aider les demandeurs de travail à bénéficier d’un supplément de financement d’une formation. Cette aide peut être d’une grande utilité si le compte CPF et les aides de collectivités territoriales ne permettent pas de subvenir les frais de formation. Les demandeurs d’emploi souhaitant suivre une formation diplômante dans le sanitaire et social ainsi que les artisans qui doivent suivre des formations pour pouvoir s’inscrire au registre des métiers peuvent bénéficier de cette allocation.

L’AFPR ou Action de Formation Préalable au Recrutement

Cette aide est destinée aux employeurs qui peinent à recruter les bons profils. Ils se trouvent alors dans l’obligation de former les nouvelles recrues avant de leur confier un poste. L’action de formation préalable au recrutement est donc un financement pour les entreprises qui ont besoin de combler l’écart entre les compétences requises et celles des postulants.

La POEI ou Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle

La POEI est un dispositif permettant de se former pour acquérir les connaissances exigées dans une offre d’emploi déposée auprès de Pôle Emploi. Les sessions sont personnalisées et le formateur les adapte au niveau et au rythme d’apprentissage du participant. Ce dernier peut être sûr de maîtriser le domaine au lendemain de la formation. De son côté, l’entreprise s’engage au préalable à le recruter.

La Chèque Formation

Le Conseil régional propose cette aide financière pour permettre aux demandeurs d’emploi de suivre une formation professionnelle. Des plafonds sont imposés et il faut aussi que le projet de formation obtienne la validation d’un conseiller en évolution professionnelle.

Financer sa formation en tant que salarié

Ceux qui ont déjà du travail ont tendance à reposer sur leurs lauriers et pourtant, une formation en alternance permet d’évoluer de façon remarquable dans votre carrière. De plus, les financements de ce genre de projet sont multiples. Tout d’abord, vous cumulerez 500 € par an sur votre compte CPF si vous travaillez à plein temps, 800 € si vous êtes un salarié non qualifié. Mais en plus, il est possible de trouver des aides supplémentaires.

Le Plan de Développement des Compétences

Le Plan de développement des compétences implique que toute action de formation à l’initiative de l’employeur est entièrement à sa charge. Les entreprises sont dans l’obligation de former leurs employés à leur poste de travail et veiller au maintien de leurs compétences. L’action de formation est actuellement définie par le Code de travail comme un parcours pédagogique qui permet d’atteindre un objectif précis. Elle vous permet, en tant que salarié, d’améliorer vos connaissances professionnelles gratuitement.

Financer sa formation en tant que travailleur indépendant

Outre le CPF, les travailleurs non-salariés comme les artisans, les commerçants, les conjoints collaborateurs, les freelanceurs, etc. peuvent obtenir certaines aides pour financer leurs formations professionnelles. L’objectif est d’acquérir de nouvelles connaissances pour développer encore plus les affaires, pour mieux gérer les ressources humaines ou pour pouvoir faire face à la concurrence en mettant en place une stratégie plus moderne et plus efficace. Nombreux sont les avantages que les travailleurs indépendants peuvent tirer d’une formation ciblée. Maintenant, il reste à trouver le dispositif qui vous aidera à vous former sans trop dépenser, voire sans rien dépenser du tout. Voici les meilleures aides que les non-salariés peuvent bénéficier :

  • Le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux ou FIF PL : un dispositif qui prend en charge une partie ou la totalité d’une formation sur les bonnes pratiques proposée par QRP International.
  • L’Association de Gestion et du Financement de la Formation des Chefs d’Entreprise ou AGEFICE : un financement à destination des entrepreneurs, des dirigeants non-salariés du commerce, de l’industrie et des services. Ces derniers peuvent alors bénéficier d’une somme de 1 200 € par an, sauf s’ils suivent une formation pour l’obtention d’un diplôme d’État, ou une formation figurant dans le Répertoire Nationale des Certifications Professionnelles (RNCP). Dans ce cas, ils ont droit à une subvention annuelle de 2 000 €.
  • Le Fonds d’Assurance Formation des Chefs Exerçant une Activité Artisanale ou FAFCEA : une aide financière destinée aux chefs d’entreprise du secteur artisanal, aux conjoints collaborateurs et aux auxiliaires familiaux qui souhaitent suivre une formation professionnelle continue.